top of page
  • ADE

La diplomatie française n’est plus qu’un château de sable

Sur les planches de Deauville, accueillant le G8 hier, sur la Croisette demain pour le G20, il est facile de jouer une pièce de théâtre et de laisser croire que la France a les moyens de ses grandes ambitions déclaratoires.

Nous aimerions applaudir sans réserve à cette séduisante mise en scène. Il y a tant à faire pour gagner les paris d’une mondialisation plus juste et plus humaine. Mais, si on passe dans les coulisses, les illusions s’évanouissent. Le château de sable de la diplomatie française est proche de s’écrouler à la prochaine marée…

Alain Juppé avait exprimé en juin 2010, dans une tribune partagée avec Hubert Védrine, ex-ministre des affaires étrangères, la crainte que «l’instrument (diplomatique) soit sur le point d’être cassé». Il vit maintenant tous les jours l’état dramatique du ministère. Saura-t-il convaincre le gouvernement d’inverser la tendance pour assurer au ministère des affaires étrangères les moyens des ambitions affichées ?

La diplomatie de crise, des communiqués et des coups médiatiques est la plus visible. Mais, à l’opposé de la diplomatie «de perron», la diplomatie de l’influence et la coopération souffrent gravement. La France est en train de perdre la bataille du soft power, qui se joue sur le terrain et à long terme.

Se vanter dans les discours officiels de disposer du deuxième réseau diplomatique après les Etats-Unis est de la poudre aux yeux. Année après année, ce réseau s’appauvrit et devient une coquille vide. Qu’est-ce qu’une politique d’influence sans hommes et sans femmes pour la faire vivre sur le terrain ? Après avoir réduit ses effectifs de 10 % entre 1994 et 2005, le petit ministère des affaires étrangères (15 500 agents au total) doit en sacrifier deux mille de plus d’ici 2013, au titre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

Tandis que les chancelleries et les consulats manquent de personnels essentiels, ceux du secteur culturel et de la coopération, servant de principale variable d’ajustement, diminuent comme peau de chagrin… Au même moment pourtant, de nouveaux emplois «honorifiques» et très coûteux sont donnés à des amis(e) s politiques, dont l’action comme ambassadeurs itinérants ou thématiques est aussi floue que les missions, ou qui font fi des règles déontologiques s’imposant aux diplomates en continuant de mener leur carrière politique nationale.

D’un débat budgétaire à l’autre, les gouvernements successifs ne disent pas la vérité et le Parlement se voile la face. Deuxdes 5 milliards d’euros dont est «crédité» le Quai d’Orsay ne font en fait que transiter pour faire face à nos engagements internationaux, tels que la contribution au Fonds de développement européen (FED) ou celle destinée aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, qui augmentent chaque année.

Le budget effectif du ministère n’est que de 3 millia